Mon enfant ne dort pas. Pourquoi ? – partie 2

Sandra Cornaz Blog, Sommeil Leave a Comment

Sous-entendu : je fais COMMENT ??

Sandra CORNAZ
Haptonome & Doula

À votre domicile (Lyon et agglo) et/ou au cabinet (Lyon 1er)
hapto-bienetre.fr

Vous vous souvenez ? Dans le premier article de la série, je vous ai proposé un premier article sur le sommeil. J’abordais la question des réveils nocturnes et du besoin du jeune enfant de se sentir accompagné pour s’endormir et durant son sommeil. J’évoquais la théorie d’anthropologues selon laquelle le comportement du jeune enfant durant son sommeil est lié au schéma originel du cerveau humain : la période où l’homme cueilleur vivait au milieu d’une nature pleine de dangers et dans laquelle les microréveils étaient un moyen d’assurer sa survie.

J’avais aussi émis l’idée que le discours actuel que vous entendez sur le sommeil sans réveil (et de l’enfant seul dans sa chambre) fait suite à une période récente de notre histoire, à savoir la révolution industrielle et le modèle capitaliste, et que ce discours rend vos attentes irréalistes envers votre jeune enfant.

Enfin, j’avais suggéré que l’inadéquation entre le fonctionnement du système socio-économique dans lequel nous vivons et celui du cerveau immature des jeunes enfants était à l’origine de votre épuisement parental.

Dans ce deuxième article de la série sur le sommeil, je vous liste comme promis des astuces qui devraient vous aider à mieux vivre cette période qui peut durer jusqu’à 6 années dans certaines familles (même s’il est plus fréquent qu’elle dure 2 à 4 ans).

Et, comme annoncé également, je mettrai en lien ces idées pratiques avec quelques éléments théoriques concernant le comportement cognitif et émotionnel de votre enfant.

Prête ? Allons-y ! (Oui, oui, je m’adresse aux mères, car ce sont surtout elles qui me posent des questions sur la normalié des nuits entrecoupées et des endormissements interminables, et qui me demandent mes astuces !)

QUE FAIRE, DONC, POUR AMÉLIORER LE SOMMEIL DE MON ENFANT ?

Avez-vous déjà remarqué qu’en situation de stress, vous ne pouviez pas vous endormir et que votre nuit était davantage entrecoupée ?[1] Eh bien, commencez par relever cette info qui est une clé de compréhension inestimable, car… pour votre enfant, c’est pire ! Il vit (Que dis-je ? « Il subit ») ses émotions de manière décuplée, et les conséquences sur son comportement le sont tout autant.

Soumis à la peur ou à l’angoisse par exemple, le cerveau de votre enfant devient incapable de produire les hormones nécessaires à son repos et donc à son sommeil !

Vous pouvez comparer cela à un bogue général du système. L’immaturité de son cerveau rend les sécrétions excessives d’hormones du stress (cortisol et adrénaline notamment) extrêmement toxiques pour son fonctionnement[2]. Voilà pourquoi votre enfant de moins de 6 ans ne sait absolument pas gérer sans votre aide ses émotions de peur, d’angoisse, ou de séparation. Sans oublier qu’avant cet âge, peut-être ne le dit-on pas assez (d’où le fait que je le réécris dans cet article), la différence entre imaginaire, rêve (donc cauchemar) et réalité n’est pas évidente pour lui.[3]

Si vous préférez que le cerveau de votre enfant secrète du glutamate, de la noradrénaline et soit en hyper vigilance, vous pouvez continuer à lui dire que s’il continue à négocier pour aller au lit, le grand méchant loup viendra le manger dans la nuit. À vous de voir comment vous souhaitez passer votre nuit…

Assia : « Ah mais non Sandra, chez moi, mon enfant n’est pas soumis au stress ! On a banni le conte de Hansel et Gretel, il ne regarde pas Barbe Bleue et je ne fais que penser les phrases assassines ! »

C’est tout à votre honneur ! Mais retenez que le stress engendré dans le cerveau de votre enfant peut provenir d’ailleurs. Vous n’avez pas prise sur tout : non seulement parce que vous n’êtes pas dans sa tête, mais aussi parce que vous n’êtes pas toujours avec lui. Vous avez cependant la main sur plusieurs autres éléments heureusement ! En voici quelques-uns.

Sur les écrans par exemple[4], notamment ceux dans la chambre de votre enfant[5]. Ils sont une première cause de l’altération du sommeil chez les jeunes enfants.[6] Même quand leur regard ou leur corps ne font pas face à l’écran. Les stimulations lumineuses sont terriblement stressantes pour de jeunes cerveaux en plein développement. Oui, c’est vrai aussi pour la luminosité de votre téléphone quand vous surfez sur le net en allaitant, pour les flashs provenant de votre écran plat installé dans le salon mais qui réverbèrent sur le mur du couloir en face de la chambre de votre enfant. C’est aussi vrai pour le rétroéclairage de votre réveil à projection sur plafond, pour sa veilleuse à projections mobiles, pour son robot à LED censé lui enseigner l’alphabet. Je vous suggère d’éteindre ou de limiter autant que possible les stimulations lumineuses avant le coucher de votre enfant (et du vôtre tant qu’à faire).

Pour aller plus loin encore, je vous encourage à installer des lumières d’ambiance (comme des lampes de chevet) en plusieurs endroits de votre intérieur et à garder les plafonniers éteints en soirée. Et si vous le pouvez, favorisez les ampoules à couleur chaude. Ce sont des conditions efficaces pour diminuer progressivement l’activité de vos cerveaux et pour augmenter parallèlement les hormones nécessaires à la sensation de fatigue et au sommeil.

Sonia : « De toutes façons, ce qui compte le plus, c’est la routine, qu’il aille au lit à heure fixe et avant 21h. »

À ma connaissance, l’intérêt de la régularité de l’heure et d’une limite maximale n’a jamais été clairement démontré autrement que par les avantages du conditionnement… Ce qui compte de mon point de vue est de vous rendre compte que, comme pour vous, la fatigue n’arrive pas toujours au même moment… simplement parce que les jours ne se ressemblent pas.

C’est pourquoi, cette règle de l’heure peut être stressante pour votre enfant. Que penseriez-vous si votre compagnon vous imposait jour après jour une heure de coucher, et qui plus est, identique ? Vous souvenez-vous du sentiment d’injustice qui vous habitait quand, enfant, vos parents ou grands-parents vous imposaient ce type de règles ?

Voilà pourquoi je vous invite à essayer de lâcher prise quant aux horaires de coucher. Je sais, plus facile à dire qu’à faire ! En même temps, je me suis rendue compte avec mes trois enfants et suite à plusieurs discussions avec des parents que j’ai accompagnés que, lorsque nous laissons notre enfant se coucher à l’heure qui lui convient (sans être dans l’attente et en lui accordant toute notre confiance), sa nuit est moins entrecoupée et la nôtre aussi (sans doute encore une histoire de cerveau bien régulé et de sécurité affective maximale) ! C’est donc gagnant-gagnant ! Il me semble que c’est également une des idées de Maria Montessori et prédécesseurs.

Ma réflexion sur les croyances autour de l’heure du coucher a commencé un peu avant que je devienne maman. Au cours de voyages professionnels, j’ai vite compris que l’éducation d’un enfant est une affaire avant tout culturelle[7] et que les théories de grands pédiatres, chercheurs ou psychiatres ne sont pas les seules à orienter nos choix de parents. En devenant doula, j’ai approfondi certains sujets avec des parents résidant en France mais natifs d’autres pays. Concernant l’heure du coucher, ceux originaires du Brésil et du Mali laissaient leurs enfants vaquer à leurs occupations dans la pièce de vie principale jusqu’à 22h, voire plus tard encore, et les laissaient s’endormir parmi eux. Des parents anglais considéraient quant à eux qu’un enfant devait être endormi avant 20h, faute de quoi il risquait de réduire son capital santé. Sans doute les neurosciences nous offriront dans les prochaines années des compléments d’information sur les liens qui unissent culture, croyances, physiologie du sommeil et régulation du cerveau chez l’enfant en bas âge.

Anne-Claire : « On voit bien Sandra que ce n’est pas toi qui gères les crises le lendemain des couchers up-to-you-my-child ! »

Loin de moi l’idée de vous faire subir des ouragans. Il est vrai que la souplesse des heures de début d’école et de travail n’est pas le fort de notre système. Vous devez réveiller vos enfants les matins de semaine (le week-end, miraculeusement, la notion d’horaire décent n’existe pas chez la plupart des petits d’hommes !). Puisque ces impératifs existent, vous devez faire avec. Mais comment faire, me direz-vous, pour éviter une crise néomatinale si notre enfant se couche à l’heure de son choix ?

L’astuce que je vous invite à tester ici ne consiste pas à user de bienveillance et de compréhension le matin (même si c’est une excellente idée en soi pour la bonne organisation de son cerveau[8][9]), mais à trouver le moyen de faire produire au cerveau de votre progéniture ocytocine et mélatonine. Vous l’avez deviné, ces deux hormones sont responsables de la sensation de fatigue[10]. Votre rôle est essentiel ici car, lorsque le contexte n’y est pas favorable, le cerveau de votre enfant n’est pas assez mature pour sécréter de lui-même et en quantité suffisante ces molécules.

Pour que votre enfant se sente apaisé et rassuré ET fatigué, en plus de l’extinction précoce des écrans et l’utilisation de lumières d’appoint, vous pouvez exploiter des outils de détente et de réassurance ! les fameux sacro-saints rituels, le portage, le massage bien-être (j’affectionne particulièrement le rebozo et le shiatsu avec mes enfants !), le peau-à-peau[11]

Cela veut dire aussi qu’au dîner, vous avez tout intérêt à supprimer les excitants[12]. Ceux-ci stimulent l’activité cérébrale. Parmi d’autres, le sucre (même caché : il y en a dans le pain industriel ou dans les yaourts par exemple), le chocolat (qui contient de la caféine) et les protéines animales (qui activent la sécrétion de dopamine). Vous pouvez aussi tenter d’évaluer la quantité de gras absorbée par votre enfant durant les repas, jugée régulièrement trop faible par certains auteurs.[13]

Dans mes désirs manipulateurs, j’ai même instauré dans mon foyer le goûter dînatoire. Il s’agit d’un goûter qui fait office de dîner pour tous ceux présents autour de la table. Il est quantitativement et qualitativement important et a lieu aux alentours de 17h30 ou 18h. (Rendez-vous compte de tout ce que nous pouvons ensuite faire dans la soirée ! Le gain est nettement démultiplié pour notre famille avec cette astuce !) Plusieurs parents témoignent d’un laps de temps de 1h30 à 2 heures entre le début du dîner et l’endormissement de leurs enfants. Si c’est pareil pour votre enfant, autant ne pas le faire manger trop tard si vous voyez ce que je veux dire…

Jessica : « Sandra, tu ne vas pas quand même changer tout notre mode de vie non plus ! Comment allons-nous manger si nous supprimons tout ! »

À ce stade, je vois bien que je vous inquiète. Il est vrai que je cumule les suppressions et les modifications de vos habitudes et peut-être même de vos croyances. J’entre sur un terrain glissant : l’alimentation ! Un des sujets anxiogènes pour de nombreux parents, n’est-ce pas ?

Pour parler (encore !) de ma famille, bien que nous soyons locavores, nous nous procurons aussi certains aliments qui poussent en magasin bio et en terres inconnues : la banane[14] par exemple. C’est un aliment intéressant le soir dans la mesure où il participe à la régulation des sucs gastriques et favorise la sécrétion de sérotonine, une hormone qui permet l’assouplissement et la détente. L’avantage subsidiaire d’une alimentation plus légère le soir, à base de fruits et légumes, est que vous êtes aussi certains de respecter le PNNS (Plan National Nutrition Santé) qui recommande 5 fruits et légumes par jour ! Qui dit mieux ?

Ceci étant, ma jeune expérience de mère de trois enfants me confirme que la condition la plus efficace pour un endormissement réussi et une nuit sereine est votre propre bien-être.[15] Les cerveaux ont une vie secrète : ils communiquent sans que vous vous en rendiez compte. Si votre cerveau est sous stress, celui de votre enfant le sera également. Et vice versa. Les cerveaux savent se mettre intuitivement sur la même longueur d’onde en sécrétant les mêmes hormones. Le cerveau de votre enfant est à ce sujet encore plus rapide à converger sur les propositions d’un cerveau voisin, parce que la zone responsable du raisonnement est immature.

Alors arrangez-vous comme vous voulez ou le pouvez pour que votre cerveau soit imprégné d’opioïdes au moment du coucher de votre enfant. Mais, entendons-nous bien, dans les limites de la légalité ! Ce serait d’ailleurs néfaste pour le sommeil de votre enfant que vous fassiez appel à Marie-Jeanne et ses amies (nous en reparlerons dans un article sur le cododo). Vous avez compris le principe : la soirée n’est clairement pas le moment adéquat pour travailler sur ce dossier qui vous rend dingue ou pour passer en revue toutes les dernières prises de tête avec votre belle-mère si vos relations sont quelque peu tendues !

Flo : « Comment je fais pour rester calme ? Il joue à cache-cache, saute sur le lit en se marrant comme une baleine ! Et plus irritant encore, à peine rentré, son papa vient le chatouiller alors que je tente de le coucher depuis des lustres ! »

Vous pouvez vous détendre : tout va bien. J’ai même envie de vous féliciter, mais je le ferai quand vous aussi saurez chahuter gaiement ! Quand votre enfant est heureux, son cerveau produit en pagaille des hormones responsables de la détente et du relâchement (l’ocytocine notamment), inhibant de fait les hormones responsables ou conséquentes du stress[16]. Situation idéale pour un endormissement apaisé et une nuit de rêve !

Ah oui, je comprends, votre inquiétude et votre agacement viennent de votre préoccupation pour les voisins qui sont à deux doigts de brûler votre voiture… Dans ce cas, tentez de faire changer votre enfant d’attitude, mais de manière détournée, sinon il va comprendre vos intentions pro-coucher et va se remettre en mode alerte. Alors qu’il est en train de faire des bonds sur le lit, prenez un bon livre et installez-vous confortablement près de lui. Offrez-vous ce moment auquel, justement, vous n’avez jamais accès. Ou alors, pour plus de rapidité dans le processus, choisissez un livre qu’il adore, lui. Maintenir son attention sur une activité calme devrait permettre d’inhiber ses pulsions motrices et d’inonder son cerveau des hormones responsables de la fatigue.[17] Entre nous, n’avez-vous pas envie de tenter dès ce soir ?

Charlotte : « Le problème n’est pas qu’il saute sur le lit, mais qu’il se plaint de monstres sous son lit et qu’il vient se coucher en pleine nuit dans notre chambre rompant notre intimité de couple ! »

Le sommeil partagé, le cododo ou cosleeping, est aussi une astuce favorable à l’endormissement des enfants et à un sommeil de qualité. Visiblement, votre enfant le sait de manière intuitive[18] alors que vos croyances et vos peurs paralysent votre observation et votre lâcher prise sur le sujet. Du cododo, je vous en parlerai dans un prochain article, promis ! Et j’en profiterai pour aborder cette sombre affaire de cododo anéantisseur d’intimité conjugale.

Laura : « C’est surtout que j’ai autre chose à faire que de rester avec lui le temps qu’il s’endorme ! »

Vous avez peur de vous faire happer, c’est cela que vous insinuez ? De perdre votre temps ? Laissez-moi vous dire que ce qui vous happe et vous fait perdre votre soirée sont : a) vos peurs et vos attentes de conformisme aux ouvrages fondés sur des croyances non avérées (je vous le rappelle, ni scientifiquement, ni cliniquement), et b) votre tentative de résistance (qui est extrêmement énergivore).

Ce qui compte réellement est que tout le monde se sente bien chez vous et que vous ne passiez pas deux heures tous les soirs à vous agacer à coucher votre enfant, ne croyez-vous pas ? Il est fondamental aussi que votre enfant n’interprète pas le coucher comme un marqueur d’exclusion ou de séparation, car ces deux sentiments sont terriblement néfastes pour la construction de son cerveau et pourraient empirer ses angoisses[19]… et donc vos nuits à tous ! Vous pourriez bel et bien obtenir un effet proportionnellement inverse !

Pour ma part, je profite de ce moment d’accompagnement au coucher pour m’offrir du temps. N’est-ce pas ce qui nous manque le plus à nous, les mamans ? Je vous parlais du livre qui vous fait de l’œil depuis des mois, mais c’est aussi le bon moment pour faire vos ‘abdominaux magiques’ (de cela aussi, j’en parlerai dans un article). Dans le noir, personne ne vous voit les faire ! Vous pouvez aussi vous essayer à la pleine conscience. Ce que j’affectionne particulièrement est de poursuivre ma lecture à la lumière de la veilleuse de mes enfants (même si cela implique de plisser les yeux et d’être méthodique dans ma façon de tenir la veilleuse, le livre, le dernier né au sein, etc.). Parfois, j’alterne tout cela : être maman est un challenge permanent !

Surtout, après avoir prévenu ma troupe de bambins, je ne réponds plus à leur énième question. Et avant cela, je chuchote à chaque réponse. Avec un tout petit (et même avec des grands parfois), je vous conseille carrément de faire semblant de dormir : les sécrétions hormonales qui en découlent sont, elles, bien réelles ! Pour obtenir en prime un shoot d’ocytocine, je vous invite à vous serrer fort contre votre enfant. Sentez son odeur unique, la douceur de sa peau, mémorisez son grain de peau. Cela sera un souvenir merveilleux imprégné à long terme : la mémoire du toucher est de mon point de vue d’haptonome la plus puissante et la plus résistante au temps qui passe.

Et oui, bien sûr, vous pouvez lui donner la main s’il vous le demande ! Faites confiance à votre enfant plus qu’aux postulats prodressage.  Cette idée des “enfants manipulateurs” datent du XIXème siècle, tout autant que les mythes sur le sommeil idéal des jeunes enfants ! À mon sens, votre enfant est votre meilleur livre de chevet, aussi parce qu’il est, comme je l’ai dit plus haut, intuitif. Il sait ce qui est bon pour la régulation de son cerveau et la construction de son bonheur à venir. Soyez confiants, il ne la demandera plus à 18 ans (pas même à 15 je parie), justement parce qu’il sera apaisé ![20] Par contre, peut-être que vous, vous aurez envie de lui tenir sa main ! Alors, profitez maintenant et ne laissez pas vos peurs et celles des autres contrôler votre présent et vous faire rater ces moments de vie précieux !

En somme, votre attitude joue un rôle primordial dans l’inhibition de la sécrétion des hormones impliquées dans l’émotion de la peur et de l’angoisse chez votre enfant. Toutes les astuces à peine suggérées ont le même dessein : créer du calme, de la sécurité, un contact affectif. Associées aux réponses positives que vous offrirez aux demandes de votre enfant, vous mettez en place les conditions idéales pour un endormissement de qualité et une nuit ‘en quantité’ !

Noémie : « Sandra, si rien ne marche ? Ça m’aura fait une belle jambe (et des gros nœuds au cerveau) ! »

Comme je suis loin d’être une mère parfaite et c’est tant mieux pour mes enfants, je pratique parfois l’inverse de ce que je conseille dans mes séances ou dans mes articles. Par exemple, il m’arrive régulièrement de consulter mon téléphone pendant que mes enfants s’endorment. Je mets en route l’éclairage nocturne, le filtre à lumière bleu et tout le tintouin, et j’écoute un podcast ou réponds à mes messages.

Je crois que vous aurez saisi le sens de mes propos. Je suis convaincue qu’un enfant est empathique, compatissant, gentil et intelligent, qu’il n’a surtout pas besoin d’être dressé ou conditionné à dormir et qu’il a un programme neurochimique et biologique immature mais suffisamment bien élaboré pour assurer sa survie et ses besoins de sommeil… à condition d’être accompagné (écouté et soutenu). Comment pourrait-il en être autrement quand on sait que le sommeil est la condition sine qua non du fonctionnement correct du cerveau neurovégétatif, lequel assure entre autres la respiration, une meilleure immunité et une belle peau !?

Si rien ne marche (en terme de réponse à vos attentes), tout aura marché néanmoins car vous aurez été à l’écoute de votre enfant et vous lui aurez offert votre accompagnement. Vous aurez accueilli votre enfant dans ce qu’il est, et sans le pousser à se suradapter. Vous l’aurez protégé. Maintenant. [21] Aussi pour le futur.[22] Vous aurez assuré votre rôle de parent.

Mon prochain article sur le sujet vous donnera une suggestion complémentaire et cet article viendra clôturer cette question de l’accompagnement à l’endormissement et au sommeil de votre enfant. D’ici sa lecture, je vous invite à prendre les idées et pistes qui font sens pour vous. Dans un premier temps, laissez de côté ce qui parait loin de vos croyances ou ce qui vous parait impossible à mettre en place. Il sera toujours temps de les tester si vous avez épuisé les autres ressources.

Vous aurez remarqué une chose : de tout ce que j’ai proposé dans cet article, rien ne parait impossible, pas vrai ? Donnez-moi des nouvelles de vos tentatives !

>>> Avez-vous déjà essayé ces astuces ? Fonctionnelles ou pas ? Vous nous partagez les vôtres ? (je vous avoue, j’en ai encore plein aussi, mais il vous aurait fallu des heuuuures pour lire l’article !^^)

Sandra Cornaz

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Bibliographie :

  1. Fratta, W., Collu, M., Martellotta, M. C., Pichiri, M., Muntoni, F., & Gessa, G. L. (1987). Stress-induced insomnia: opioid-dopamine interactions. European journal of pharmacology, 142(3), 437-440.
  2. Sunderland, M. (2006). Un enfant heureux. Pearson Ed. [Une importante partie des informations retenues pour cet article vient de cet ouvrage.]
  3. Bruner, J.S. (1964). The course of cognitive growth. in Giusti, E. (2007). Tecniche Immaginative. Il teatro interiore nelle relazioni di aiuto. Roma, Sovera.
  4. Wu, X., Tao, S., Rutayisire, E., Chen, Y., Huang, K., & Tao, F. (2017). The relationship between screen time, nighttime sleep duration, and behavioural problems in preschool children in China. European child & adolescent psychiatry, 26(5), 541-548.
  5. Lédée, J. (1988). Impact des ecrans sur le sommeil des enfants de 6 à 12 ans, etude realisee en cabinet de medecine generale en Haute-Garonne (Doctoral dissertation, UNIVERSITÉ TOULOUSE III).
  6. Desmurget, M. (2011). TV lobotomie: La vérité scientifique sur les effets de la télévision-Essais-documents. Max Milo.
  7. Giannotti, F., & Cortesi, F. (2009). Family and cultural influences on sleep development. Child and adolescent psychiatric clinics of North America, 18(4), 849-861.
  8. Teicher, M. H., Anderson, C. M., Ohashi, K., & Polcari, A. (2014). Childhood maltreatment: altered network centrality of cingulate, precuneus, temporal pole and insula. Biological psychiatry, 76(4), 297-305.
  9. Shirtcliff, E. A., Vitacco, M. J., Graf, A. R., Gostisha, A. J., Merz, J. L., & Zahn‐Waxler, C. (2009). Neurobiology of empathy and callousness: implications for the development of antisocial behavior. Behavioral sciences & the law, 27(2), 137-171.
  10. Cermakian N, Sassone-Corsi P. Les mécanismes moléculaires del’horloge circadienne. Med Sci 2000;4:504—12.
  11. Field, T., & Hernandez‐Reif, M. (2001). Sleep problems in infants decrease following massage therapy. Early Child Development and Care, 168(1), 95-104.
  12. Sunderland, M. (2006). Un enfant heureux. Pearson Ed.
  13. Peirano P, Fagioli I, Singh BB, Salzarulo P. Effect of early human malnutrition on wakingand sleep organization. Early Hum Dev 1989, 20, 1, 67-76.
  14. Ibid.
  15. Field, T. (1994). The effects of mother’s physical and emotional unavailability on emotion regulation. Monographs of the society for research in child development, 59(2‐3), 208-227.
  16. Gibbs, D. M. (1986). Vasopressin and oxytocin: hypothalamic modulators of the stress response: a review. Psychoneuroendocrinology, 11(2), 131-139.
  17. Sunderland, M. (2006). Un enfant heureux. Pearson Ed.
  18. McKenna, J. J., & McDade, T. (2005). Why babies should never sleep alone: a review of the co-sleeping controversy in relation to SIDS, bedsharing and breast feeding. Paediatric respiratory reviews, 6(2), 134-152.
  19. Eisenberger, N. I., & Lieberman, M. D. (2004). Why rejection hurts: a common neural alarm system for physical and social pain. Trends in cognitive sciences, 8(7), 294-300. [cité par Gueguen, C. in Vivre heureux avec son enfant. Un nouveau regard sur l’éducation au quotidien grâce aux neurosciences affectives. (2015). Robert Laffont.]
  20. Essex, M. J., Klein, M. H., Cho, E., & Kalin, N. H. (2002). Maternal stress beginning in infancy may sensitize children to later stress exposure: effects on cortisol and behavior. Biological psychiatry, 52(8), 776-784.
  21. McKenna, J. J., Ball, H. L., & Gettler, L. T. (2007). Mother–infant cosleeping, breastfeeding and sudden infant death syndrome: what biological anthropology has discovered about normal infant sleep and pediatric sleep medicine. American Journal of Physical Anthropology: The Official Publication of the American Association of Physical Anthropologists, 134(S45), 133-161.
  22. Maselko, J., Kubzansky, L., Lipsitt, L., & Buka, S. L. (2011). Mother’s affection at 8 months predicts emotional distress in adulthood. Journal of Epidemiology & Community Health, 65(7), 621-625. [Les résultats de cette étude sont en partie critiqués par un chercheur, cf. Francis, A. J. (2011). Mother’s affection at 8 months predicts emotional distress in adulthood: errors in interpretation. Journal of Epidemiology & Community Health, 65(4), 384-384.]

Photos :

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