Mon enfant ne dort pas. Pourquoi ? – partie 3

Sandra Cornaz Blog, Sommeil 7 Comments

Sous-entendu : C’est quoi l’astuce n°1 ?

Sandra CORNAZ
Haptonome & Doula

À votre domicile (Lyon et agglo) et/ou au cabinet (Lyon 1er)
hapto-bienetre.fr

Vous vous souvenez ?… dans les deux derniers articles sur le sommeil, nous avons abordé les raisons des difficultés d’endormissement de votre enfant et celles qui justifient les cycles de sommeil courts. Je vous ai proposé des liens entre ces informations et le fonctionnement cérébral du jeune enfant.

Puis, j’ai énuméré un ensemble d’astuces à mettre en place pour un développement optimal du cerveau de votre enfant, condition pour développer chez lui (et chez vous) un sommeil de bonne qualité.

Mais il se cache encore un élément. Celui qu’en tant que parent, nous avons certainement le plus de mal à maitriser ! Je vous laisse en juger par vous-même…

En clair, que signifie accompagner son enfant au sommeil ?

Melissa : « Oh là là… je suis crevée… mais j’ai encore le ménage à faire et il y a ce film que je veux voir ce soir… »

Regardons-y à deux fois : et nous, parents, allons-nous nous reposer quand notre corps envoie le premier signal ? Est-ce vraiment uniquement la responsabilité de nos enfants si nous sommes épuisés ? Ne laissez-vous jamais passer votre premier petit train du sommeil ? Ne sautez-vous pas régulièrement la sieste ?

Commencer par reconnaitre, écouter et répondre à votre besoin de sommeil[1] est sans nul doute la première astuce que vous devez retenir (et mettre en pratique) !

« Je vais aller me coucher, comme ça je serai en forme demain. Je pourrai faire plein de choses chouettes ! »

« Aaaah que ça fait du bien de s’allonger ! J’ai vraiment hâte de dormir et de faire un merveilleux rêve !! »

En plus de recharger vos batteries, c’est le moyen évident d’assurer votre rôle de parent. Pas celui d’éducateur, mais celui de transmetteur, de guide, d’accompagnant, de modélisateur. Je suis prête à parier que si vous respectez vos besoins physiologiques et que votre enfant vous voit le faire de façon répétée et évidente, il en fera tout autant !

Entre nous, n’estimez-vous pas plus convaincant de faire comprendre les fonctions du sommeil à votre enfant par l’action associée à la parole plutôt qu’en lui faisant la morale ou de longues explications ?

« Ah, tiens ! Je sens que je fatigue ; j’ai les yeux qui piquent. Je vais aller me coucher. »

« Oh ! tu te frottes les yeux ! Je crois que tu as sommeil ».

Expliciter l’intérêt de répondre au besoin de sommeil d’une part, et verbaliser les indices gestuels qui vous font savoir que le corps a besoin de sommeil d’autre part sont deux méthodes qui peuvent être aidants pour votre enfant.

Peut-être que cette pratique vous permettra en outre de prendre conscience des signaux que vous envoie votre corps et desquels vous vous êtes déconnectés !

Repensez à ce témoignage :

Lucille : « Je ne comprends pas. Je fais tout ce que disent les bouquins. Je fais le fameux rituel : bain pyjama histoire bisou… Je reste contre lui… Ça dure 30 mn, 1 h… Il finit dans notre lit ou pire, sur moi… J’ai même fait la méthode Ferber 5-10-15, celle de Pantley, celle de Wahlgren ! Je suis à court d’idées. Je n’en peux plus, je me sens impuissante. Je ne sais pas ce que j’ai loupé dans son éducation… »

Parmi tout ce que vous avez essayé, avez-vous essayé de ne rien faire ? De ne pas essayer de faire dormir votre enfant d’une façon qui ne correspond pas à ses aptitudes physiologiques : seul, d’une traite et à heure fixe imposée.

Apprendre à reconnaitre les signaux de fatigue, apprendre à dormir seul et à enchainer les cycles est, j’en suis convaincue, un processus comparable à celui de l’apprentissage de la marche ou de la parole. De la même manière que le trotteur n’enseigne pas à marcher, laisser pleurer ou dormir seul n’enseigne pas à dormir. Il y a une partie d’innée et il y a une partie d’acquis, laquelle se construit correctement grâce à un environnement sécure, un entourage compréhensif, guidant et modélisateur[2]. Dans de telles conditions, le cerveau de votre enfant se développe de façon optimale selon les lois de la nature, lesquelles sont assurément bien pensées ! Les troubles du sommeil (énurésie tardive, cauchemars, terreurs nocturnes, insomnies…) sont fréquemment de pâles témoins de conditions contraires.

Ayez confiance en votre enfant : son cerveau va se développer et il dormira « comme un grand » dans quelques années, justement parce qu’il sera alors « un grand ».

Faites-lui confiance aussi pour s’imprégner naturellement de votre attitude et de ces bonnes pratiques autour du respect de la physiologie.

Votre enfant est programmé pour vous imiter et pour se faire du bien. Il est un être fondamentalement bon et qui veut, lui aussi, vivre longtemps et heureux. Le hic, c’est son cerveau immature qui peut le conduire, outre à vivre des réveils fréquents et nombreux, à être rapidement angoissé, apeuré, stressé. Il a donc besoin de votre amour inconditionnel et de votre accompagnement rassurant et affectif pour rendre son cerveau apte à sécréter des hormones de bien-être.

Et donc ?

J’en reviens à l’idée que le problème du sommeil de nos enfants est propre à nos sociétés industrialisées dans lesquelles les familles sont isolées, les stimulations en surnombre et inadaptées au schéma initial du cerveau humain (qui, heureusement (?), se modifie très vite et s’adapte sur plusieurs générations), le stress accru, les besoins physiologiques non respectés.

Votre enfant a besoin que vous lui fassiez confiance car il écoute bien mieux les besoins de son corps que vous ne le faites vous-même à l’égard de vos propres besoins. S’il vous demande à être accompagné et guidé, c’est que c’est là la condition pour que son cerveau se développe correctement. Si vous l’empêchez de faire cela comme tant de parents (qui croient bien faire !), il y a des chances pour que votre enfant se déconnectent progressivement de ses besoins physiologiques… comme vous à ce jour !

Faites-lui confiance pour qu’il puisse progressivement trouver les ressources en lui pour s’endormir seul et enchainer de lui-même les cycles de sommeil.

Par ailleurs, après avoir lu ce triptyque d’articles sur le sommeil de l’enfant, souvenez-vous que la vie secrète des cerveaux assure d’activer les mêmes sécrétions d’hormones dans les cerveaux qui sont a proximité l’un de l’autre et en relation. Donc… pour que votre enfant se sente bien, soyez zen ; et quand votre enfant se sent bien grâce à votre présence, profitez de l’effet bénéfique que cela induit dans votre cerveau et sur votre humeur !

Oui, accompagner votre enfant en sommeil est un moment savoureux et aux bienfaits multiples à court, moyen et long termes pour toute la famille… à condition que vous sachiez accueillir le moment présent au lieu de le craindre !

Et à condition que vous soyez vous-même au clair avec votre sommeil…

À vous de jouer…

>> Demandez-vous pourquoi vous vous privez de ces bienfaits alors que vous en avez besoin pour être en forme, dormir sereinement et survivre au stress ambiant ? C’est pourtant assez simple au final ; il s’agit simplement de comprendre que l’essentiel pour votre enfant est votre présence aimante et réconfortante. Et que vous en recevez tous les bénéfices aussi !

>> Demandez-vous quel est l’intérêt pour vous et votre enfant de vous énerver pour le soumettre à des règles inadaptées à ses compétences physiologiques et émotionnelles.

>> Demandez-vous pourquoi vous cherchez à éduquer votre enfant sur une compétence à laquelle vos propres parents ont cherché à vous éduquer et que, pourtant, vous ne maitrisez manifestement toujours pas en tant qu’adulte.

>> Demandez-vous pourquoi vous considérez qu’un enfant doit suivre telle ou telle règle parce qu’elle est ‘juste, bien et bonne” et pourquoi pour vous-même, vous ne l’appliquez pas…

>> Demandez-vous pourquoi vous tenez autant à ce que votre enfant fasse ses nuits alors que, peut-être, vous ne les faites pas vous-même et ne savez pas toujours vous rendormir ! Votre cerveau est pourtant bien mieux développé et vous êtes censé savoir gérer vos émotions mieux que lui, n’est-ce-pas ?

>> Demandez-vous pourquoi vous voulez que votre enfant dorme seul alors que vous dormez bien souvent à deux… alors même que votre cerveau est devenu capable de gérer l’enchainement des cycles de sommeil et la plupart des émotions critiques !

>> Demandez-vous pour quelles raisons et dans quels buts vous accordez plus de confiance à des théories psychanalytiques jamais avérées scientifiquement et plus de poids à un modèle économique inadapté aux besoins physiologiques de l’humain plutôt qu’à votre propre enfant qui, je n’en doute pas, est la personne que vous chérissez le plus au monde et à laquelle vous souhaitez le meilleur.

>>> Et si, ces trois prochains jours, vous commenciez par identifier votre besoin de sommeil ? et d’y répondre ?

>>> Et si, ces trois jours suivants, vous testiez de rester zen avec votre enfant au moment du coucher ? (à sa place, vous auriez envie de quoi ? de qui ?)

Vous avez une clé à portée de main !

Bel apprentissage !

Sandra Cornaz

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Bibliographie :

  1. Gueguen, C. (2015). Vivre heureux avec son enfant. Un nouveau regard sur l’éducation au quotidien grâce aux neurosciences affectives. Robert Laffont.
  2. Ibid.

Photos :

  1. Unknown on Pixabay
  2. IZAAC DEL TORO on unsplash
  3. Anny Spratt on unsplash

Comments 7

    1. Avec plaisir Marine !
      Je trouve important que les (futurs et jeunes) parents, mais aussi les éducateurs et accompagnants, puissent avoir des infos à jour sur le sommeil de l’enfant.
      Vous pouvez aussi partager vos astuces et vos questions dans les commentaires ! Je souhaite que tout le monde puisse s’entraider ! (ne dit-on pas qu’il faut un village pour ‘éduquer’ un enfant ?)

  1. J’adore! Merci! J’ai lu les livres de Catherine Gueguen et j’étudie les neurosciences etc. Je viens de tomber sur vos articles suite à une conversation avec une amie psychologue cliniciennne qui me disait qu’il fallait le laisser dormir tout seul et qu’il ne pouvait plus atterrir dans mon lit étant donné qu’il a 3 ans, que je suis mère célibataire et qu’il va rentrer dans sa phase oedipienne. Honnêtement, hier soir, jai sentI une grande pression car il ne dormait pas et il s’est endormi à 23 heures. Ce qui me préoccupe en réalité c’est qu’il dort peu à mon goût mais c’est vrai que moi aussi. Je vais suivre vos conseils. Est-ce vraiment si important qu’il dorme toute la nuit dans son lit maintenant? Est-ce si grave qu’il atterrise en pleine nuit dans le mien? Qd il n’a besoin de rien en soi, sauf d’être près de moi, il ne me réveille même pas. Et Moi, ca me stresse qd mon sommeil est interrompu et j’arrive pas à fonctionner correctement le lendemain. Du coup, j’ai pas envie de le passer dans son lit en pleine nuit… J’ai pas de partenaire pour le moment et donc c’est pas quelque chose qui me préoccupe actuellement mais je sais que ce serait plus pratique dans un futur s’il arrivait à faire ses nuits dans son lit…

    1. Je crois que nous sommes nombreux, en occident, à penser le présent en fonction de nos peurs.
      Des peurs qui nous sont gentiment données par nos pairs (ils pensent sincèrement bien faire en nous mettant en garde), ou qui nous sont héritées de notre vécu. Parfois, nous faisons des prédictions, là-aussi parce que nos agissements au présents sont nourris par nos peurs.

      Et pourquoi ne pas vivre la VIE là, maintenant, avec ce qui nous réjouit ? ce qui nous apporte ? ce qui nous soulage ? Pourquoi ne pas simplement s’écouter, se faire confiance, écouter son enfant et lui faire confiance ?

      Je fais partie de ceux qui envisagent de plus en plus la vie comme un cadeau et l’humain comme étant extrêmement bon. Les deux ensemble sont un cocktail de bonheur et de bien-être.
      Je ne dis pas que ce soit facile de fonctionner ainsi, de laisser nos peurs s’envoler, de vivre plus simplement et plus sobrement, sans se compliquer les choses (déjà bien complexes) avec des théories, des craintes, le regard de l’autre nourri par sa propre histoire et ses propres peurs.

      Votre fille est heureuse contre vous, et vous dormez bien avec elle. Dès que ce ne sera plus le cas, les choses se rééquilibreront autrement. Car tout évolue, déstabilise puis se rééquilibre. C’est ça aussi le cycle de la vie =)

      Bref, je vous invite à continuer à croquer ces instants comme vous les aimez !

      1. Oui les pairs! Disons que comme elle est psychologue et bien je me dis qu’elle a peut-être raison.. Je veux juste être attentive aux besoin de mon garcon et des miens. Merci de votre réponse! et oui vivons le moment présent! Qd ca me dérangera, j’aviserai… 😉

        1. Bonjour Christine,
          Comment se passe le sommeil à présent ? vous avez envie de témoigner à ce sujet ? quelles astuces avez-vous trouvé ?
          De nombreux parents m’écrivent pour partager leurs difficultés à récupérer, pour demander des idées et astuces bienveillantes pour aider leurs enfants à s’endormir paisiblement (et rapidement) et à enchaîner les cycles de sommeil. La communauté de parents est, à mon sens, un soutien fort et riche de propositions !

  2. Sandra, merci beaucoup pour tes articles sur ce blog passionnant qui m’ont permis de confirmer cette vie que je vois autrement depuis que je suis maman (3 mois). J’avais aussi plein de théories inculquees sur le sommeil des enfants “il faut” … et en donnant naissance à ma petite fille j’ai revisité celles-ci pour m’adapter aux besoins de mon bébé. Elle aime dormir en écharpe la journée. Elle ne fait la sieste qu’ainsi. Je tente son lit chaque jour car on me dit que ce sera trop difficile pour elle à la crèche mais elle ne s’endort pas dans son lit pour la sieste. La nuit si. Aujourd’hui la sage-femme/ hapto m’a fait comprendre que je la portais trop et que je ne l’aidais pas à trouver son sommeil par elle-même. Et que je devais également la poser plus sur son tapis d’éveil, qu’elle pourrait même s’y endormir… Elle nous a aussi dit que c’était important qu’elle fasse ses nuits avant ses 4 mois car ensuite il y aura les dents… J’ai été surprise, déçue et un peu désarçonnée par ses conseils car elle pratique l’hapto. J’ai peut-être fait un amalgame entre hapto et éducation proximale. Je trouve rude de demander à un si petit être de s’adapter au rythme des adultes. Alors j’ai envie de la laisser profiter de ce qui lui fait du bien. Pour conclure ça m’a fait du bien de relire ton article ce soir ! :-). Encore merci !

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